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Les complications du diabète

Quel que soit votre type de diabète, vous êtes exposé à des risques de complications affectant différents organes ou fonctions de votre organisme.
Celles-ci peuvent se manifester par des symptômes mais sont souvent silencieuses. Elles correspondent aux effets d’un diabète déséquilibré sur l’organisme.
Les hyperglycémies répétées, prolongées, et le déséquilibre du diabète provoquent une altération des nerfs et des vaisseaux et, par voie de conséquence, une altération de certaines cellules de l'organisme, avec des répercutions sur plusieurs organes.
 
Cela s’explique par le fait que ce sont les vaisseaux sanguins qui permettent au sang de circuler et d’irriguer tout le corps jusqu’aux organes, et que les nerfs transmettent les messages nerveux du cerveau aux organes. Leur altération entraîne donc des complications dans l’organisme.
 
Les complications liées au diabète peuvent toucher : les nerfs, le cœur, les artères, les yeux, les mains, les pieds, les reins ou encore les dents.



Les complications cardio-vasculaires:

Le diabète peut entraîner des complications cardio vasculaires (troubles cardiaques, vasculaires ou artériels) car il altère aussi les gros vaisseaux sanguins (artères du cou, des jambes, du cœur... ). Les complications du coeur et des artères sont 2 à 3 fois plus fréquentes chez les diabétiques que dans le reste de la population.
 

Qu'est-ce que c'est ?

Causes

Des dépôts de graisse (plaques d'athérome) se forment sur les parois internes des artères et s'étendent. L'hypertension, associée à une alimentation trop riche en graisses, accélère ce dépôt. Avec le temps, ces plaques tendent à se durcir en devenant fibreuses et en se calcifiant (athérosclérose).

Conséquences

Elles peuvent alors se casser ou former des caillots (thrombose) qui finissent par obstruer l'artère. La « thrombose coronaire », par exemple, est la formation d'un caillot dans les artères qui irriguent le cœur. Elle peut conduire à l'infarctus du myocarde (crise cardiaque). Or, l'excès de sucre dans le sang favorise la formation de caillots.
 

Quels sont les risques ?

Si l'hypertension est permanente (au delà de 14/8 de pression artérielle), le cœur (muscle qui pompe le sang et l'envoie dans les artères) travaille plus intensément; il s'hypertrophie (devient trop musclé !) et se fatigue. Avec une pression élevée, les artères subissent des contraintes mécaniques plus fortes et peuvent se rompre, entraînant par exemple un accident vasculaire au niveau du cerveau, c'est l'accident vasculaire cérébral ou "AVC".

Quelle prévention ?

Le diabète est donc en soi un facteur de risque cardiovasculaire. Si le patient diabétique présente plusieurs facteurs de risques associés, son médecin lui prescrira un bilan cardiologique annuel. Si l'on ne peut rien contre les facteurs de risque dit « non modifiables » : l'hérédité, l'âge, le sexe (les hommes sont plus touchés que les femmes), on peut cependant agir efficacement.

En effet, équilibre du diabète et actions contre les autres facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, obésité, sédentarité, tabagisme, cholestérol...) font partie du traitement et constituent les éléments d'une bonne prévention.

Le syndrome métabolique

Le syndrome métabolique se caractérise par des modifications qui conduisent à un certain nombre de facteurs de risque cardiovasculaire. Lié à une augmentation de la graisse abdominale avec surpoids ou obésité, il se traduit par une résistance à l’insuline. Secondairement, un défaut d’adaptation de la sécrétion d’insuline, dont les besoins sont accrus, va conduire à l’apparition d’une hyperglycémie puis d’un diabète. Ce syndrome s'accompagne également d'apparition d’une hypertension artérielle, de troubles lipidiques :

  • baisse du bon cholestérol, le HDL cholestérol,
  • augmentation du mauvais cholestérol, LDL cholestérol,
  • augmentation d’autres graisses dans le sang comme les triglycérides

Il existe aussi des phénomènes inflammatoires, probablement dus à la sécrétion par le tissu graisseux de ces messagers de l’inflammation. Tous ces facteurs sont des facteurs de risque de développer des complications cardiovasculaires. La sédentarité, le stress et surtout le tabac peuvent aussi participer à ces phénomènes.



La rétinopathie diabétique:

La rétinopathie diabétique (atteinte des yeux : œil et rétine) est une grave complication du diabète qui touche 50% des patients diabétiques de type 2. Les yeux sont particulièrement sensibles à l'atteinte des petits vaisseaux. En France, la rétinopathie diabétique est la première cause de cécité avant 65 ans.
 

Causes et processus de la rétinopathie diabétique

A l'extrémité des artères se trouvent les capillaires, ces petits vaisseaux qui irriguent les parties du corps et les organes. Composée de cellules visuelles et parcourue par une multitude de petits vaisseaux, la rétine est cette fine membrane de l'oeil qui réceptionne les impressions lumineuses venues de l'extérieur. Via le nerf optique, elle les transmet au cerveau qui les traduit en images. L'excès de sucre dans le sang fragilise la paroi des capillaires, entraînant une perte d'étanchéité. Il s'ensuit la rupture puis l'éclatement des vaisseaux rétiniens.

Rétinopathie diabétique et baisse de l'acuité visuelle

Au fur et à mesure, des zones étendues de la rétine ne sont plus oxygénées. En réaction, la rétine produit de nouveaux vaisseaux encore plus fragiles. Le phénomène s'amplifie et s'étend jusqu'à la macula (zone au milieu de la rétine) où se situe le centre de la vision. La macula s'épaissit, il se produit un œdème maculaire (gonflement de la macula), responsable alors d’une baisse de l’acuité visuelle qui peut être très importante et que partiellement réversible.

Par ailleurs, les néovaisseaux peuvent saigner en nappe dans le vitré devant la rétine, responsable d’une perte de la vision, jusqu’à résorbtion de l'hémorragie. Mais celle-ci peut ne pas se résorber et nécessiter donc une ablation chirurgicale (vitrectomie). Ces phénomènes peuvent conduire à l’apparition d'une fibrose qui peut entraîner une traction de la rétine avec risque de déchirure et donc de décollement de la rétine, responsable d’une perte définitive de la vision.

Complications du diabète au niveau des yeux : pas de symptômes au début...

Si certains troubles de la vue peuvent indiquer la présence d'une rétinopathie diabétique (lettres déformées à la lecture, difficultés à passer de la lumière à l'obscurité...) la maladie s'installe souvent sans donner de signes d'alerte. On peut donc être atteint de rétinopathie même avec une bonne vue et en l'absence de symptôme. D'où l'importance d'un contrôle régulier par un spécialiste et d'un dépistage précoce. Si on laisse s'étendre la maladie, celle-ci finira par toucher le centre de l'oeil et la rétine, créant de graves et irrémédiables troubles de la vision.

Par ailleurs, la rétinopathie accélère la survenue d'autres pathologies des yeux comme les glaucomes ou la cataracte.

Prévention et traitement de la rétinopathie du diabète

Si des traitements existent et sont efficaces (notamment au laser) pour freiner l'évolution de la maladie et empêcher la cécité, le meilleur traitement reste la prévention : par un contrôle régulier (au moins une fois par an) chez un ophtalmologue, l'atteinte de l'équilibre glycémique, une tension artérielle maîtrisée, ainsi qu'une bonne hygiène de vie.

Les examens de l'ophtalmologue

L'ophtalmologue procède à plusieurs examens comme :

  • la mesure de l'acuité visuelle,
  • la tension de l'oeil,
  • voire la pratique une angiographie rétinienne (qui informe sur la perméabilité des vaisseaux rétiniens).

Mais le principal contrôle reste le classique "examen de fond d'oeil", obtenu par dilatation de la pupille.



La neuropathie diabétique:
 

La neuropathie diabétique (atteinte des nerfs) est une pathologie ignorée du patient diabétique, car souvent silencieuse. C'est l'une des plus fréquentes complications chroniques du diabète entraînant d'autres complications.

 

Définition et causes

L'hyperglycémie provoque dans l'organisme une série de modifications chimiques qui finissent par altérer les nerfs. L'altération peut aller de l'atteinte fonctionnelle (ralentissement de la conduction électrique) à l'atteinte structurelle du nerf. L'altération est alors de plus en plus difficilement réversible. Le diabète peut atteindre l'ensemble des nerfs de l'organisme. Il touche deux types de nerfs : les nerfs périphériques qui permettent de commander les muscles et de sentir au niveau cutané; et les nerfs du système nerveux autonome qui commandent le fonctionnement des viscères.

Symptômes

Les symptômes, qui varient en fonction des nerfs touchés et des patients, peuvent se traduire par des troubles, accompagnés ou non de douleurs diverses et parfois nocturnes au niveau :

  • des membres inférieurs (pieds, jambes,...).
  • de l'appareil digestif (diarrhée, constipation,...)  
  • du système urinaire (mauvais contrôle de la vessie et de la miction)
  • du rythme cardiaque et de la pression artérielle, avec des sensations de vertige au lever par chute de la tension artérielle (hypotension orthostatique)
  • de l'activité sexuelle (trouble de l'érection, impuissance,...) (Voir les complications sexuelles du diabète dans ce dossier) etc.

La disparition des réflexes peut également être un signe de neuropathie. Mais la présence et l'évolution de la maladie peuvent être silencieuses. Car la particularité de la neuropathie diabétique, c'est qu'elle perturbe considérablement la sensibilité à la douleur. Chez certains patients, elle provoque des douleurs terribles au contact d'un simple drap. Chez d'autres au contraire, elle peut rendre indolore une blessure au pied, ou imperceptible le sentiment de transpiration et l'accélération du rythme cardiaque (lors d'une hypoglycémie, par exemple).

Traitements et prévention

Si un ou plusieurs de ces signes ou symptômes apparaissent, parlez-en à votre médecin. Signalez tout déficit sensitif, même si les symptômes semblent s'estomper avec le temps ! Car les variations de la glycémie jouent sur le ressenti des douleurs. Votre médecin pourra pratiquer une recherche plus fine des stigmates de la maladie, grâce à différents instruments de mesure.

L'équilibre glycémique prévient la neuropathie car celle-ci est fortement corrélée à l’équilibre de la glycémie. Lorsqu'elle est déjà installée, il permet de la stabiliser, voire de la corriger. Il améliore également la conduction nerveuse et la sensibilité.


La néphropathie diabétique:
 

La néphropathie est aussi une atteinte des petits vaisseaux par excès de sucre dans le sang, mais les organes concernés ne sont pas les yeux mais les reins. On parle de "complication rénale du diabète" ou de "néphropathie diabétique". Au premier stade, l'atteinte se situe au niveau du filtre rénal.

 

Si le rein est atteint, il y a un risque de maladie rénale chronique avec, à terme, le besoin d'être dialysé (pratiquer une épuration artificielle du sang, c’est le rein artificiel ou "dialyse").

Définition et symptômes

Le rein forme l'urine en filtrant le sang. A cause du diabète, le filtre rénal s'encrasse. Il n'élimine plus certains déchets et laisse passer dans les urines des molécules qui ne le devraient pas (albumine). Les déchets s'accumulant dans l'organisme, il s'ensuit une augmentation de la pression artérielle. Le développement de la maladie se fait sans bruit. Il faut pourtant repérer les premiers signes pour éviter les formes les plus graves de cette complication.

Dépistage précoce et suivi régulier

La présence d'une faible quantité d'albumine dans les urines (microalbuminurie) est le premier signe d'une perméabilité anormale des reins. Sa recherche est essentielle et doit être réalisée au moins une fois par an. Si cette présence se répète, votre médecin traitant renforcera les contrôles avec un test de la microalbuminurie une ou plusieurs fois par an.

L'évolution diffère d'un individu à l'autre et un contrôle régulier lui permettra d'adapter votre traitement. Les complications du rein sont moins fréquentes que celles des yeux, mais de nombreux diabétiques sont confrontés à cette grave complication.

Face à une néphropathie diabétique : adapter le traitement du diabète

Une microalbuminurie positive et répétée indique une anomalie de la fonction rénale. Ce n'est pas nécessairement un signe de gravité, mais c'est un indicateur de risque de développer une maladie rénale chronique ou des maladies cardiovasculaires graves (angine de poitrine, infarctus, accident vasculaire cérébral...). Votre médecin, généraliste ou diabétologue, fixera avec vous en fonction de votre profil de nouveaux objectifs (tensionnels, glycémiques,... ). Il adaptera votre traitement, en particulier pour la tension artérielle et pour le diabète, mais il pourra aussi donner un traitement spécifique pour protéger les reins.

La première recommandation est de bien suivre ces changements. Vous pouvez noter sur votre carnet de santé vos objectifs et les dates anniversaire de vos analyses. L'occasion aussi d'arrêter de fumer et de changer certaines mauvaises habitudes alimentaires (diminution de la consommation de sel, par exemple). Le simple fait d'atteindre l'objectif de la pression artérielle et de l'hémoglobine glyquée (Hb1Ac) peut faire disparaître une microalbuminurie (surtout s'il s'agît d'un dépistage précoce).

 

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